Le site actu.fr publie un contenu sponsorisé en précisant : « cet article est à visée publicitaire, la rédaction n’a pas participé à sa création ». Une précision presque rassurante pour la crédibilité journalistique.

Le sujet : Pornichet qui dévoile sa « nouvelle identité » pour séduire toute l’année. Sur le papier, l’objectif est évident, presque banal : attirer des visiteurs en avant et après saison. C’est même la mission de base d’un office de tourisme.

Mais entre intention et exécution, il y a un gouffre.

Car non, décréter une “nouvelle identité” ne suffit pas. Encore faut-il avoir quelque chose à dire. Une vision. Une idée. Une stratégie.

« Une nouvelle identité, Pornichet, la Destination, accompagnée d’un logo inédit et d’un site entièrement repensé. Exit les catalogues d’offres, place au storytelling… »

Premier problème : le jargon. Le terme “storytelling”, reste flou pour une grande partie du public. Parler simplement est souvent plus efficace que multiplier les anglicismes.

Parlons concrètement.

Le logo, d’abord, interpelle et pas dans le bon sens. Triste, peu lisible, sans créativité ni singularité, il peine à incarner une destination balnéaire attractive. Le nom « Pornichet », décliné sur trois lignes, ne crée ni émotion ni mémorisation. On est loin d’une identité forte et intemporelle.

Le site internet ? Même constat. On promet du rêve, on obtient du banal. Des visuels quelconques, parfois médiocres, sans direction artistique claire. Une accumulation d’images qui n’incarnent rien. À aucun moment on ne se projette. À aucun moment on n’a envie de partir.

Et surtout : quel est le message ?

« Pornichet, la destination » ?
Une destination… comme toutes les autres ?

« Vivre plage à plage » ?
Une formule creuse, interchangeable, oubliable à la seconde où elle est lue.

Comme le rappelait David Ogilvy, figure majeure de la publicité :
« Il faut une grande idée pour attirer l’attention des consommateurs et les pousser à acheter votre produit. À moins que votre publicité n’en contienne une, elle glissera comme un bateau sur l’eau dans la nuit noire. » Ici, il n’y a pas de grande idée. Il n’y a même pas de petite idée.

Car faire rêver ne s’improvise pas. Cela exige une vraie exigence créative, une capacité à raconter, à surprendre, à marquer. Certaines campagnes y parviennent avec intelligence et simplicité :

  • « En Suisse, on nettoie même les montagnes »
  • BRETAGNE  « Cet été, surfez en Kerlifornie »

Des signatures qui restent. Qui évoquent. Qui donnent envie. À Pornichet, rien ne reste.

Et comme si cela ne suffisait pas, la stratégie média est totalement absente. Comme si créer un logo et un site suffisait à exister. Comme si la communication s’arrêtait à sa propre production. 

Résultat : une opération creuse, sans relief, sans impact. Une communication qui parle d’elle-même… mais qui ne parle à personne.

Pornichet mérite mieux.
Aujourd’hui, Pornichet mérite surtout une vraie idée.

Cet article a 8 commentaires

  1. Pornichétin

    Très juste. Quand on fait de la com il faut s’adresser à des spécialistes qui ont des références. Vous auriez-pu citer Saint-Nazaire Renversante, pas mal, en tout cas c’est bien mémorisé.

  2. Bertrand

    Que voulez-vous, c’est sa méthode (ex chef d’entreprise quand même), il donne les tâches qu’il ne sait pas faire à des collaborateurs, des gens sans motivation particulière, qui reproduisent, traduisent, ses idées de génie. Imprévisible, obstiné et convaincu que son intuition fera mouche. Quand ça marche c’est « j’ai tout trouvé » et « c’est moi qui ». Quand c’est raté, forcément c’est les autres. Des traits que l’on retrouve dans la fadeur de ses discours histrioniques.
    Comme il n’a pas cette appétence pour les avis des autres, ni la présence de recourir à une capacité de raisonnement collective, alors ? Ces stéréotypes vieillots occultent tous sens de l’observation.
    La cognition sociale renvoie à l’étude des processus par lesquels les gens donnent du sens à eux-mêmes, aux autres, au monde qui les entoure, ainsi qu’aux conséquences sur le comportement social. Que l’on soit maire ou citoyen lambda la règle de l’altruisme s’applique pareillement.
    L’être humain n’attend rien d’autre en retour, qu’un peu d’attention à ses préoccupations.

  3. Pauline

    Bertrand et Pornichétin sont très drôles.

    Quand on sait que du côté de Francky et de l’office de tourisme de La Baule, Pornichet est la bête à abattre…. On commence à très largement douter de l’objectivité des propos de l’article et des deux premiers commentateurs….
    🙂 🙂 🙂
    Il suffit d’aller consulter les vidéos des ex candidats à l’élection municipale de LB pour le confirmer.

    Affaire à suivre.

  4. Martin Journaliste

    à Pauline
    Comme vous dites il n’y a pas de franky la dessous. L’article a été écrit par un spécialiste de la question qui a travaillé dans de grandes agences, qui a fait de grandes campagnes et a été plusieurs fois primé. Dans ce domaine on s’adresse à des professionnels. Pour parler de La Baule c’est guère mieux.

  5. Placide

    Quel dommage que nos élus (e.s), tout du moins leur très cher patron, n’aient qu’une seule idée par an : augmenter leurs indemnités ! Comme une pub débile : Ici on ne cherche pas à être intelligent. On cherche à être impertinent. Tout ceci paralyse l’intelligence, sans guérir la fièvre acheteuse. Amène l’abandon du jugement pour laisser place à la connerie. Savez vous que se payer la tête des autres est le seul luxe qui n’exige pas de fortune personnelle. Voila le bel exemple de choses stupides et inutiles qui envahissent notre quotidien. Post élection le plus beau ne se fait pas attendre, vous n’avez plus la parole, on vous la coupe, juste le droit de la fermer et d’être pris pour des crétins profonds.

  6. Placide

    Vous noterez que plus les gens sont incultes et plus ils cherchent à se mettre en avant en tentant de nous éblouir par leur ignorance. C’est un désastre qui n’est pas nouveau au plan de l’information, de la communication, qui sous JCP a des allures de Black-out total « il n’y a pas matière à ce que tout le monde soit au courant » disait-il en conseil. Son équipe exécute sans mots dire, sans réfléchir. Le chef pense pour eux… subalternes se contentant du rôle passif qui s’impose.

  7. Désabusé

    L’identité d’une commune est imposée aux visiteurs en arrivant sur leur lieu de villégiature. Quand vous arrivez à Pornichet vous avez la vue sur un lotissement fantôme, un alignement d’immeubles d’un esthétisme douteux, un super-marché : Rien de réjouissant , c’est l’image de la politique municipale et qu’importe les sommes astronomiques dépensées pour démontrer l’image maritime et estivale de la commune.
    Je profite de cette occasion pour souligner les travaux engagés pour soutenir le terrain du lotissement fantôme. Je me souviens des déclarations d’un adjoint à l’urbanisme qui répondait à une question de l’opposition s’inquiétant de la stabilité de ce terrain. Il nous assurait que le promoteur de l’opération avait fait le nécessaire pour s’en assurer. Aujourd’hui nous constatons ces travaux de consolidation : Qui en assure le financement ?

  8. René

    Vivez Pornichet n*120 inaugure le nouveau mandat, avec un trombinoscope de 29 conseillers municipaux majoritaires et 4 minoritaires. La photo de couverture montre une équipe « au travail » de 30 personnes: cherchez l’intrus.Communication subliminale ?

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