La rupture conventionnelle de l’ancienne directrice générale des services (DGS) du Croisic, conclue après les élections municipales de mars 2026, continue de faire réagir. Son coût pour la commune, estimé à plus de 200 000 euros, a conduit le maire, Jean-Yves Jégou, à saisir la procureure de la République afin de faire examiner les conditions dans lesquelles cette décision a été prise.
Une annonce inhabituelle en ouverture du conseil municipal
Le sujet s’est invité dès les premières minutes du conseil municipal du 9 juin. Avant même l’examen de l’ordre du jour, le maire a tenu à informer publiquement les élus de la démarche engagée.
Dans une déclaration solennelle, Jean-Yves Jégou a indiqué avoir déposé plainte auprès de la procureure de la République après avoir constaté ce qu’il qualifie « d’irrégularités » dans le dossier de rupture conventionnelle de l’ancienne DGS.
« Je souhaite porter à la connaissance du conseil municipal un élément important concernant la situation administrative de la collectivité », a-t-il déclaré. Évoquant des faits qui nécessitent selon lui « un examen approfondi » et une vigilance particulière quant à la préservation des intérêts de la commune, l’édile a toutefois précisé qu’il ne lui appartenait pas de qualifier juridiquement les faits ni de se substituer à l’autorité judiciaire.
Le maire a expliqué avoir agi « en toute transparence » et dans le souci de préserver les deniers publics.
Une indemnité de plus de 196 000 euros
Le contexte remonte aux élections municipales de mars 2026. Le 22 mars, la maire sortante, Michèle Quellard, battue au second tour après dix-huit années passées à la tête de la commune, a laissé la place à une nouvelle majorité conduite par Jean-Yves Jégou.
Comme cela se produit fréquemment lors d’un changement d’exécutif municipal, la directrice générale des services a quitté ses fonctions. Son départ a pris la forme d’une rupture conventionnelle assortie d’une indemnité importante.
Selon les chiffres communiqués en conseil municipal, cette opération a représenté un coût total de 203 000 euros pour la collectivité, dont 196 821,14 euros versés à l’agente concernée.
Cette dépense, qui n’avait pas été inscrite au budget primitif, a nécessité un transfert de crédits de la section d’investissement vers la section de fonctionnement, validé ultérieurement par les élus municipaux.
L’opposition s’interroge sur l’information des élus
À l’issue de la déclaration du maire, Jacques Bruneau, ancien premier adjoint de Michèle Quellard et désormais élu d’opposition, a pris la parole pour dénoncer un manque d’information autour de cette décision.
Une somme élevée mais pas nécessairement exceptionnelle
Si le montant de l’indemnité suscite des interrogations, plusieurs observateurs soulignent également qu’il doit être apprécié au regard de la grande ancienneté de l’agente et des modalités prévues par les textes encadrant les ruptures conventionnelles dans la fonction publique. En fonction de l’ancienneté cette indemnité peur atteindre des sommes de 450 000 euros.
Laurent Delpire nommé directeur général des services
Cette affaire met fin à plusieurs semaines de rumeurs qui circulaient au Croisic autour du départ de l’ancienne DGS et du montant de son indemnité.
En clôture du conseil municipal, Jean-Yves Jégou a par ailleurs officialisé la nomination de son successeur. Laurent Delpire, jusqu’alors directeur du patrimoine et de l’urbanisme, devient le nouveau directeur général des services de la commune.