Le maire de La Baule était attendu aux Floralies. Il n’aura pas vraiment surpris son auditoire. Invité à répondre aux nombreuses interrogations des membres du Groupement des résidents secondaires de La Baule (GRSB), réunis ce 10 août en assemblée, l’édile a défendu ses choix et confirmé que, sur plusieurs dossiers sensibles, il n’était pas question de faire marche arrière.
700 arbres : circulez, le projet est voté
C’est l’un des sujets qui agace le plus certains résidents du bord de mer : les 700 arbres prévus sur le remblai.
Pour plusieurs propriétaires et habitués du front de mer, la question est simple : que restera-t-il de la vue sur l’océan lorsque les arbres auront grandi ?
Le maire, lui, assume. Le projet a été voté et il sera réalisé. « Nous avons besoin d’arbres pour apporter de la fraîcheur », a-t-il répondu.
Une réponse qui ne devrait pas suffire à rassurer ceux qui considèrent que la vue sur mer constitue un atout pour leur appartement.
2029 : la plage pourrait changer radicalement de visage
Autre annonce importante : la concession de la plage confiée à Véolia doit prendre fin en 2029. La plage sera alors rendue à l’État, qui en est propriétaire.
Et le maire a employé une formule qui a de quoi interpeller : « La plage sera rendue à nu. »
Autrement dit, restaurants, clubs de plage et autres installations seraient démontés.
Voilà qui promet un sérieux changement de décor. Après avoir consacré des années à aménager et à exploiter le front de mer, La Baule pourrait donc se retrouver face à une plage débarrassée de ses installations. Reste à savoir ce que l’État décidera ensuite et quelle sera, à terme, la physionomie du littoral baulois.
Le padel ? Réponse en septembre
Le projet de padel au Garden inquiète également les riverains, notamment en raison des éventuelles nuisances sonores.
Sur ce dossier, le maire n’a pas véritablement levé les interrogations. Il s’est contenté d’annoncer que le projet porté par All In Group serait présenté en septembre.
Les riverains devront donc attendre pour savoir à quelle sauce ils seront mangés.
Une chose est certaine : entre les nuisances sonores redoutées et les questions qui restent sans réponse, le projet n’a pas fini de faire parler.
Le nouveau remblai : une réussite qui laisse certains sur leur faim
Le nouveau remblai, lui aussi, commence à susciter des commentaires pour le moins mitigés.
Certains le trouvent trop monotone, regrettant le manque d’espaces réellement conviviaux. D’autres n’hésitent pas à le comparer défavorablement au remblai de Pornichet.
La comparaison peut faire sourire. Après tout, La Baule et Pornichet partagent la même baie.
Alors pourquoi ne pas avoir imaginé une véritable cohérence d’ensemble ?
Au nom de l’harmonie de la baie, on aurait pu imaginer que les deux fronts de mer se répondent davantage. Pour l’instant, chacun semble avoir choisi sa propre partition.
Et pendant ce temps, le banc des Chiens continue de s’ensabler

Mais il est un sujet autrement plus préoccupant qui semble curieusement absent des débats : le banc des Chiens.
Sur cette question, le silence est presque assourdissant.
La municipalité n’en fait pas un sujet majeur. Le GRSB, pourtant très présent sur les questions liées à l’environnement et au cadre de vie, ne semble pas davantage en avoir fait son cheval de bataille.
Pourtant, le problème ne date pas d’hier.
Il y a près de quinze ans, l’association Estuaire Loire Vilaine alertait déjà sur l’évolution du banc de sable et sur le risque de voir progressivement l’eau disparaître entre la plage Benoît et l’avenue de Gaulle.
À l’époque, Alain Doré, de Prosimar, tirait la sonnette d’alarme : « Il y a de plus en plus de sable à Pornichet et de moins en moins à La Baule. À la rescousse, le sable de Pornichet a été ajouté à celui de La Baule, mais ce dernier est régulièrement aspiré par la marée, accumulant le sable sur le banc des Chiens. »
Quinze ans plus tard, où en est-on ?
Le sable continue de se déplacer, le banc des Chiens continue de grossir et, dans quelque temps, La Baule pourrait avoir une seconde plage : il n’y aurait alors plus d’eau entre la plage Benoît et l’avenue de Gaulle.
Certes, la compétence relève en grande partie de l’État. Mais faut-il pour autant attendre les bras croisés ? Une commune comme La Baule peut interpeller, mobiliser, demander des études, réunir les acteurs et surtout mettre la pression pour que le dossier avance.
La municipalité dispose désormais d’un adjoint chargé de la plage.
On peut donc espérer que cette nomination ne servira pas uniquement à gérer les cabanes, les animations les parasols et de faire campagne dans les restaurants pour les prochaines législatives.
Le littoral baulois mérite mieux qu’une succession de décisions ponctuelles.
700 arbres, nouveau remblai, padel, concession de plage : les sujets ne manquent pas et le maire semble avoir choisi de tenir fermement la barre.
Reste une question : qui se préoccupe réellement de ce que deviendra la baie de La Baule dans quinze, vingt ou trente ans ?
Car pendant que l’on discute de la couleur du remblai, du nombre d’arbres ou de l’emplacement d’un terrain de padel, le banc des Chiens, lui, continue de gagner du terrain.