Guérande – Un ancien collaborateur parlementaire de la députée Sandrine Josso affirme avoir été contraint d’effectuer des tâches personnelles sans lien avec ses fonctions, de travailler plusieurs mois sans contrat et de supporter des frais professionnels qui n’auraient jamais été remboursés. Soutenu par la CGT, il indique avoir engagé une procédure pour faire valoir ses droits.

Âgé de 74 ans, retraité au moment de son recrutement, l’ancien collaborateur explique avoir travaillé près de deux ans à temps partiel auprès de la députée de Loire-Atlantique. Dans un communiqué diffusé vendredi, il affirme que ses missions auraient progressivement dépassé le cadre de son contrat de collaborateur parlementaire.
Selon son témoignage, il lui aurait été demandé d’assurer diverses tâches relevant de la vie privée de l’élue, notamment la garde et l’accompagnement de son enfant, des courses personnelles, des transports de membres de sa famille, de la manutention à son domicile ou encore la réception de colis privés.
L’ancien collaborateur soutient également avoir utilisé son véhicule personnel pour les déplacements de la députée et de ses proches, parcourant près de 13 000 kilomètres sans indemnisation.
Il affirme par ailleurs qu’à partir de décembre 2025, dans le contexte de la campagne des élections municipales, il aurait continué à travailler pendant près de quatre mois sans contrat de travail, avec la promesse d’une régularisation ultérieure. Une situation qu’il considère contraire au droit du travail et particulièrement préjudiciable.
Toujours selon lui, les relations avec la députée se seraient dégradées lorsqu’il a demandé la régularisation de sa situation, le remboursement de ses frais et le versement des sommes qu’il estime lui être dues.
L’ancien collaborateur évoque également un signalement effectué auprès des services de police à propos de la présence supposée de son véhicule devant le domicile de la députée. Il affirme n’avoir jamais circulé dans cette rue depuis la fin de leur collaboration et dit s’interroger sur les motivations de cette démarche, qu’il estime avoir pu être destinée à le dissuader de poursuivre ses revendications. Il souligne toutefois le professionnalisme des policiers ayant pris contact avec lui.
Autre point de désaccord : la qualification de leur relation. Alors que Sandrine Josso aurait récemment déclaré dans la presse qu’il était un ami, l’ancien collaborateur conteste cette présentation. Il affirme que leurs rapports étaient exclusivement professionnels et estime que cette qualification ne correspond pas à la réalité de leur collaboration.
L’affaire est désormais suivie par la CGT, qui indique accompagner les démarches engagées. L’ancien collaborateur affirme disposer de documents, courriers et autres éléments qu’il se dit prêt à communiquer dans le cadre de la procédure ou aux journalistes souhaitant consulter son dossier.
Au-delà de son cas personnel, il estime que cette affaire soulève la question du respect des droits des collaborateurs parlementaires et de l’exemplarité attendue des responsables publics. Les faits qu’il rapporte font désormais l’objet d’une procédure, dont les conclusions permettront d’établir les responsabilités éventuelles des différentes parties.
À ce stade, Sandrine Josso conteste les accusations portées contre elle. Les allégations formulées par son ancien collaborateur n’ont pas été établies par une décision de justice. La procédure prud’homale est en cours et une audience de conciliation est fixée au 22 septembre devant le conseil de prud’hommes de Saint-Nazaire.