La Baule-Escoublac : face à la montée des violences, le maire ne peut pas se défausser
» Les événements survenus ce week-end de Pentecôte à La Baule-Escoublac confirment une réalité désormais préoccupante : la montée des violences dans notre commune n’est plus un phénomène ponctuel, mais une dérive qui s’installe.

Dès le conseil municipal du 22 mai dernier, j’avais alerté publiquement le maire sur les violences survenues au début du mois de mai, notamment aux abords du bois des Aulnes. J’y décrivais des regroupements extérieurs, des tensions croissantes, des comportements violents, des rodéos urbains, des situations liées au trafic de stupéfiants et des incivilités nombreuses (tenue vestimentaire, bruit, déchets jetés n’importe où). J’indiquais clairement que ces faits n’étaient pas isolés et qu’ils traduisaient une évolution inquiétante.
Les faits sont venus confirmer cette alerte.
Ce week-end de Pentecôte, marqué par des températures élevées et une forte affluence, la commune a connu un afflux important de visiteurs, notamment par le train. Très rapidement, des débordements ont été constatés. Une violente bagarre a éclaté sur le front de mer, dans un secteur emblématique de la station. D’autres incidents ont été signalés, révélant une montée des tensions dans certains lieux et à certains moments particulièrement exposés.
Ce que nous redoutions s’est produit.
Lors du conseil municipal, en réponse à mon intervention, le maire a indiqué que la situation relevait de la seule responsabilité de la Police nationale et qu’il ne disposait pas de moyens pour agir. Cette position ne correspond ni à la réalité des faits ni au cadre légal.
En droit, le maire est responsable de la police municipale et du maintien de l’ordre public sur le territoire communal. À ce titre, il est chargé d’assurer la sécurité, la tranquillité et le bon ordre publics. Cela inclut explicitement la prévention des rixes, des attroupements violents, des troubles liés aux rassemblements et des atteintes à la tranquillité des habitants. Il dispose pour cela d’un pouvoir d’action direct : il peut organiser et renforcer les dispositifs de police municipale, réglementer les occupations de l’espace public, encadrer les rassemblements et prendre des arrêtés pour prévenir les troubles.
La police municipale, placée sous son autorité, intervient précisément pour surveiller, prévenir et dissuader ces situations sur le terrain. Si la Police nationale intervient pour la répression des infractions, notamment pénales, le maire est, lui, le premier responsable de la prévention et de l’organisation locale de la réponse.
Se retrancher derrière l’État revient donc à ignorer une part essentielle de ses responsabilités.
Depuis 2020, le maire a fait le choix de ne pas nommer d’adjoint à la sécurité et de conserver lui-même ce portefeuille. Or, les incivilités se développent et peinent déjà à être contenues. Dans ces conditions, face à des violences plus graves et à des débordements d’ampleur, on est en droit de s’interroger sur l’efficacité des moyens mis en œuvre.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que le maire de La Baule-Escoublac est également vice-président de la Région Pays de la Loire en charge du tourisme. À ce titre, il participe à la définition des orientations en matière de développement touristique, à la coordination des acteurs et à la promotion de l’attractivité du territoire.
Or la sécurité est un élément indissociable de cette attractivité. L’action publique en matière touristique repose sur la capacité à garantir des conditions d’accueil sereines, sûres et maîtrisées. Les flux de visiteurs, notamment lors des périodes de forte affluence ou d’événements particuliers, doivent être anticipés et encadrés. Cette responsabilité est d’autant plus forte pour une station balnéaire comme La Baule-Escoublac, dont la réputation repose en grande partie sur la qualité de son cadre de vie.
On ne peut pas, d’un côté, assumer une responsabilité régionale sur l’image et l’attractivité touristique, et de l’autre, considérer que la gestion des flux, des rassemblements et des tensions locales ne relèverait pas de l’échelon communal.
À l’approche de la saison estivale, la question de la régulation des flux, notamment à l’arrivée des trains, et de l’encadrement des rassemblements ne peut plus être évitée. Elle est au cœur des enjeux de sécurité comme d’attractivité.
Aujourd’hui, les faits sont là. Une alerte a été lancée. Elle n’a pas été prise à la hauteur de ce qu’elle annonçait. Les événements du week-end de Pentecôte en sont la démonstration.
Il ne s’agit pas d’alimenter les peurs, mais de regarder la réalité en face pour agir efficacement. Les habitants, les familles et les visiteurs attendent des réponses concrètes, visibles et immédiates. La sécurité est une condition essentielle de la vie locale et de l’attractivité de notre commune.
Elle ne peut pas être considérée comme un sujet secondaire. »
Laëtitia Sibillotte
Conseillère municipale d’opposition
Groupe Passionnément Baulois