Il fallait oser. Au Pouliguen, la municipalité a décidé d’annuler la traditionnelle foire du 1er mai en invoquant de vagues « incertitudes administratives et juridiques ». Une justification qui, à y regarder de plus près, tient davantage du prétexte que de la réalité.

Le Pouliguen

Le 1er avril (ironie du calendrier)  le premier adjoint annonçait la nouvelle par mail aux principaux acteurs. En ligne de mire : le recours déposé devant le tribunal administratif par les trois listes d’opposition. Une explication commode, mais difficilement crédible.

Car les faits sont connus. Le maire, Norbert Samama, a été élu au premier tour avec 50,55 % des voix, soit avec 17 voix d’avance pour éviter le second tour.  Un score serré qui a conduit les oppositions,  menées par Alain Doré, Antoine Lussignol et Fabienne Le Héno, à contester le scrutin.

Deux points sont soulevés : l’utilisation d’un logo de campagne troublant avec celui de la commune, et la diffusion d’un tract polémique à la toute fin de la campagne, sans possibilité de réponse. Rien d’extraordinaire dans une contestation électorale : c’est un droit démocratique.

Mais quel rapport avec la foire du 1er mai ? Aucun, ou presque.

Lors du conseil municipal du 7 avril, le maire a tenté de justifier cette décision en évoquant un risque d’annulation tardive qui pénaliserait organisateurs et participants. Un argument pour le moins fragile. La justice administrative ne tranchera pas avant plusieurs mois, bien après la date de la foire. Le scénario brandi par la municipalité relève donc davantage de la fiction que d’un risque réel.

Dès lors, difficile de ne pas y voir une manœuvre politique : faire porter à l’opposition la responsabilité d’une décision municipale contestable. Une stratégie classique, mais ici particulièrement grossière.

Peut-être faut-il chercher ailleurs que ce minable coup bas politique sur la réalité de cette annulation ?

Au final, ce ne sont ni les élus ni les protagonistes du contentieux qui paient l’addition, mais les commerçants et les habitants du Pouliguen, privés d’un rendez-vous important de la vie locale.

Une décision incompréhensible. Et un écran de fumée qui peine à masquer ce qu’il est vraiment : un choix politique.

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