L’Union Européenne navigue aujourd’hui en eaux troubles. Du 22 janvier au 20 février prochain, nos agriculteurs de la mer vont devoir rester à quai suite à une directive européenne interdisant la pêche pour un mois.

Les criées de La Turballe et du Croisic

Le but ? Diminuer l’échouage de cétacés. Une première depuis 1945. Les ONG réclamaient un minimum d’arrêt de six semaines voire trois mois… Rien que cela !

Selon l’observatoire Pélagis, adossé au CNRS, il n’est pourtant pas possible d’identifier clairement les causes des échouages des dauphins. Le site en publie donc deux.

Pour l’observatoire, voici les causes naturelles :

– mortalité naturelle, pathologies infectieuses, prédation, compétition entre mammifères marins.

Et voici les causes anthropiques :

– capture par engins de pêche, moins de ressources, les collisions, les pollutions, les changements globaux et les variations des conditions océanographiques.

Il existe donc dix causes différentes aux échouages des dauphins. Dix. Et ce sont nos pêcheurs qui sont frappés d’anathème. Montrés du doigt tels des coupables qu’ils ne sont pas. Mais actuellement en France, comme tout le monde le sait, ce ne sont plus les juges qui décident, c’est l’opinion publique à grand renfort de publicité par des ONG bien (ou mal) intentionnées.

Après avoir contraint les pêcheurs à se doter d’instruments embarqués pour éviter la prise de dauphins dans leurs filets, tels que des caméras, des observateurs, du baguage; la filière semble être destinée à passer au moulinet de technocrates qui n’ont jamais mis les pieds sur une embarcation, ni vécu avec le bénéfice de ce dur et noble travail.

Dans les pays de Loire, ce n’est pas moins d’une centaine de bateaux qui est concernée, 450 sur tout le littoral Atlantique, pour un chiffre d’affaires de 8 à 10 millions d’Euros. Une paille… Les criées de La Turballe et du Croisic représentent à elles seules près de 872 emplois, dont 218 marins. Toute la filière est ainsi touchée : des pêcheurs aux mareyeurs, des grossistes aux poissonniers et autres détaillants. La messe est dite : personne ne sera épargné.

Le ministre de la transition écologique, Christophe Béchu, a dévoilé ses aides le 19 janvier dernier. Face à une perte colossale de 60 millions d’euros, l’indemnisation de l’Etat français devrait avoisiner 80 à 85 % du chiffre d’affaires devenu manque à gagner.

Mais cette « affaire » ne serait-elle pas une mouche visant à leurrer les acteurs de la filière pour les faire monter sur ce radeau de la méduse qu’est devenue l’Union Européenne ? Car nous ne pouvons nous empêcher de faire la corrélation entre les subventions gracieusement offertes aux ONG à l’origine de cette « attaque » et les indemnités futures à venir. Cela revient à prendre le bâton pour se battre soi-même… Et au bout du quai, c’est toujours le contribuable qui sert de friture.

Tout comme le harcèlement que subissent les agriculteurs, les pêcheurs  sont stigmatisés. Ils sont pourtant nos Forces Françaises Maritimes qui n’ont de cesse de travailler dur, par gros temps ou sur mer d’huile. Gageons qu’à force de les maltraiter, ils ne finissent par se rebeller et, à l’instar des paysans épandant des tonnes de fumier devant les préfectures, ils ne déversent des tonnes de sardines dans l’antichambre des bureaux bruxellois. L’odeur n’est pas la même, mais elle aura certainement le même parfum persistant, pour ne pas se faire oublier.

Cette corporation, comme toutes les autres attaquées de toute part aujourd’hui en France, ne demande pourtant qu’une seule chose : qu’on leur fiche la paix !

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