On nous promettait une rencontre avec les habitants de la presqu’île guérandaise. Au final, la salle n’a pas franchement affiché complet : à peine une quatre-vingtaine de personnes étaient présentes pour écouter la présidente de la Région Pays de la Loire. À ce niveau-là, on est plus proche de la réunion de copropriété que du grand meeting populaire.
Parmi les fidèles, le maire de Guérande, élu Horizons, avait répondu présent. Le maire de La Baule, lui, a bien été aperçu au fond de la salle… avant de prendre discrètement la direction de la sortie avant la fin de la réunion. Sans doute avait-il un agenda chargé… ou un chronomètre bien réglé.
Pour défendre sa politique de rigueur budgétaire, Christelle Morançais a ressorti un classique : « Nous avons vécu une époque d’abondance, mais désormais nous devons faire face à une dette d’ampleur qui nous impose d’apprendre à faire mieux avec moins. » Une formule devenue si familière qu’elle pourrait presque être imprimée sur les programmes de toutes les réunions publiques.
Le moment le plus vivant de la soirée est venu d’un participant : « Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez quitté Les Républicains pour rejoindre Horizons ? La question a déclenché quelques rires dans la salle. En 2022, Christelle Morançais déclarait « Il faut soutenir Emmanuel Macron sans ambiguïté. » » Comme le dit un vieux dicton politique : « Quand le vent souffle fort, il emporte les girouettes. »
Difficile, enfin, de ne pas voir dans cette réunion une opération de communication avant la venue d’Édouard Philippe, ce samedi, sur la presqu’île, où il doit notamment rencontrer le maire de La Baule.
Dernière minute :
On apprend que Christelle Morançais a lancé, le 14 juillet, son micro-parti en vue des élections régionales de 2028. Baptisé Bleu, il a pour objet de « promouvoir et soutenir l’action de Christelle Morançais aux plans régional et national ».
Cette initiative apparaît comme un signal clair de son intention de briguer un nouveau mandat à la tête de la Région en 2028. Tout porte à croire que son déplacement à Guérande s’inscrivait déjà dans une logique de campagne électorale.
Il est vrai qu’elle a intérêt à s’y prendre très en amont, tant sa réélection s’annonce aujourd’hui plus qu’incertaine.