Lors du conseil municipal d’installation du dimanche 22 mars, le maire Didier Cadro a été reconduit dans ses fonctions. Le conseil a également adopté une délibération relative aux indemnités des élus, qui suscite des interrogations.

À l’issue du premier conseil municipal d’installation, les élus du groupe d’opposition La Turballe Autrement souhaitent exprimer leur colère, leur stupéfaction et leur indignation face à la décision du maire, Didier Cadro, d’augmenter son indemnité de fonction de 61,96% dès le début de son mandat. 

Celle-ci passe ainsi de 2219,69€ à 3594,20€ par mois, soit 1374,51€ d’augmentation. À cela s’ajoutent les indemnités perçues au titre de ses fonctions à Cap-Atlantique (901,80€) et au Conseil départemental (1819,93€), soit un total de 6315,93€ par mois. Les indemnités d’élus sont cumulables avec la retraite.

 » Nous abordons cette nouvelle mandature avec sérieux, sens des responsabilités et volonté de défendre l’intérêt général des Turballais. Notre démarche se veut constructive. Néanmoins, il existe des limites à ce que nous pouvons accepter, et ce premier acte les franchit clairement.

Pendant sa campagne, Didier Cadro s’est présenté comme le défenseur des pêcheurs, des habitants modestes et des oubliés, un élu proche du terrain et soucieux de justice. Il a construit son image politique sur la proximité, l’engagement et la dénonciation des inégalités. On se souvient encore de son coup de communication début janvier, lorsqu’il avait retourné le portrait du président en signe de contestation. Or, son premier acte politique majeur consiste à porter son indemnité au niveau maximal autorisé, en combinant un taux porté à 58,30 % et la majoration maximale de 50 %.

Que cette majoration soit rendue possible par le classement de La Turballe en station touristique ne répond en rien au problème politique posé. La commune bénéficie de ce classement depuis 2019, Didier Cadro connaissait donc parfaitement cette possibilité pendant sa campagne. Pourtant, il n’a jamais indiqué aux électeurs qu’une telle décision figurerait parmi ses premières mesures.

Au-delà de cette décision, d’autres signaux préoccupants ont été envoyés dès ce premier conseil.

Nous regrettons notamment l’absence totale de concertation avec l’ensemble des élus concernant la fixation des dates et horaires des réunions du conseil municipal. Programmer des séances à 18h30, sans prise en compte préalable des contraintes professionnelles et personnelles des élus, pénalise de fait ceux qui ne disposent ni de la même disponibilité ni d’indemnités leur permettant de s’absenter aisément. Une organisation plus concertée est pourtant une condition essentielle du bon fonctionnement démocratique local.

Par ailleurs, nous nous inquiétons du manque de clarté entourant l’avenir du « quart d’heure citoyen ». Alors que ce temps d’expression démocratique est suspendu depuis plusieurs mois, un délai supplémentaire de six mois de réflexion est désormais annoncé, sans garantie sur son maintien ni sur ses modalités d’évolution.

Cette situation interroge d’autant plus que, lors de précédents conseils municipaux, la parole de citoyens – comme celle d’élus d’opposition – a été interrompue, notamment par des coupures de micro. À cela se sont ajoutées des prises de parole marquées par des attaques personnelles visant certains élus, ainsi que des propos portant atteinte à l’honneur et à la réputation de personnalités publiques et de citoyens nommément désignés.

Nous tenons à préciser que nous comprenons l’évolution des indemnités des adjoints, au regard de l’engagement et de la charge de travail que leurs fonctions impliquent. En revanche, concernant le maire, le choix effectué envoie un signal profondément négatif.

Augmenter au taux maximum sa propre indemnité dès le début de mandat apparaît comme une décision en contradiction avec les engagements affichés et l’image construite auprès des habitants. Cela représente 48 000€ non prévus au budget initial présenté avant l’élection et qu’il faudra financier d’une manière ou d’une autre.

Notre liste mènera une opposition constructive, exigeante et force de proposition. Mais nous resterons pleinement vigilants face à toute décision que nous estimons contraire à l’éthique publique, à la cohérence politique et au respect dû aux habitants. 

La Turballe mérite cohérence, transparence et exemplarité. »

Groupe d’opposition La Turballe Autrement.

La Turballe Autrement | Facebook // laturballeautrement@gmail.com

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