À La Turballe, on ne retourne pas que les portraits officiels, on retourne aussi les convictions. Dans une vidéo relayée par Presse Océan, le maire Didier Cadro a cru bon de faire parler de lui en retournant le portrait d’Emmanuel Macron accroché dans son bureau. Un geste fort, paraît-il. Un geste symbolique. Un geste surtout très pratique quand on manque d’idées mais pas de caméra.

Face à l’objectif, le maire explique son courroux : le monde agricole souffre, les soignants souffrent, les retraités souffrent, les malades souffrent… bref, tout le monde souffre, sauf visiblement la cohérence politique. Il appelle les députés à voter « correctement » le budget et à penser aux Français qui travaillent. Message reçu cinq sur cinq. Le portrait est à l’envers, le problème est réglé.
Ce qui amuse ou agace, selon l’humeur, c’est la mémoire sélective de l’élu. En 2020, soutenu par le Parti socialiste, Didier Cadro expliquait sans sourciller : « Je me sens de gauche, donc ça ne me dérange pas de le voir écrit. » Courageux mais discret. Mieux encore : en 2021, le même participait à la création d’un comité de soutien à Emmanuel Macron. Le portrait était alors bien droit, sans doute.
Aujourd’hui, le voilà soudain indigné par la politique nationale. À croire que le vent a tourné sur la côte… et que le maire a simplement ajusté sa girouette. Être macroniste quand ça passe, critique quand ça buzze, et surtout jamais responsable de rien : un grand classique.
À l’approche des municipales, une question se pose donc : vers qui se tournera Didier Cadro demain ? Après la gauche, Macron, puis l’anti-Macron symbolique, quelle sera la prochaine posture ? Le suspense est presque insoutenable.
À défaut de retourner les portraits, le maire pourrait peut-être retourner ses manches. Par exemple en s’opposant clairement, localement, à des projets structurants comme celui de Pen Bron, enjeu majeur des prochaines élections municipales. Là, on parlerait d’un vrai choix politique. Mais c’est moins photogénique.
Et puisqu’on est dans le symbole, une dernière idée : pendant la campagne électorale, faudra-t-il retourner ses affiches pour rester dans le ton ? Après tout, à La Turballe, tout semble possible… tant que ça fait le buzz.

Cet article a 4 commentaires
Excellent La Turballe mérite autre chose
Ben oui il vaut mieux éviter les personnes infrequentables en ce moment. Les rats quittent le navire pour tenter de redorer leur blason. Où est la sincérité là-dedans ?
À propos de Pen Bron, Didier Cadro, le màire de Là Turballe déclarait lors du conseil municipal du 27 octobre 2020 : » …c’est niet, il n’y aura pas de projet immobilier, là zone Naturà 2000, le tràict de côte ne le permet pàs… » (article d’ Ouest France du 6 novembre 2020).
Certains élus et politiques sont comme leurs vestes, à partir du moment où il y à une étiquette dessus …c’est qu’ils sont à vendre !
Qu’est-ce qui s’est passé entre le 27 octobre 2020 et aujourd’hui qui justifierait cette volte face ? On se le demande ? Il y eu de très nombreuses tempêtes et beaucoup d’eau à couler, ce qui a accentué le ruissellement et beaucoup fait reculer le trait de côte, et tout particulièrement la dune qui s’effondre à grande vitesse, Les empierrements cèdent ou se détériores, les casemates allemandes sont maintenant au milieu de la plage et ces événements continuent et s’accélèrent ce qui devrait au contraire aller en faveur de la sage déclaration de 2020 ! Comprenne qui pourra, en tous cas c’est folie que de vouloir urbaniser la pointe de Pen-Bron qui est déjà en grande souffrance avec les conséquences du changement climatique et avec la pression touristique qu’il faudrait limiter et maîtriser au lieu de la laisser se développer de façon débridée. Les bâtiments de l’ancien hôpital sont condamnés à moyen terme, comme beaucoup de logements à La Turballe et sur toutes nos côtes en général, et ça va bien plus vite que prévu, la cote +1m sera selon toute probabilité atteinte dès 2060 au lieu de 2100 prévus par le GIEC avec l’accord de Paris (+1,5° en 2100, on y est quasiment déjà et au lieu de sobriété c’est l’économie de guerre qui prévaut ! ). Quand à la protection de la biodiversité, c’est une catastrophe et donner la gestion de la zone protégée aux chasseurs ne va pas dans le bon sens. A La Turballe on va décidément cul par dessus tête…