100 jours après le début de sa deuxième mandature, le maire revendique un bilan d’action. Pourtant, à y regarder de plus près, nombre d’annonces présentées comme nouvelles correspondent à des projets déjà promis aux Baulois. Entre communication municipale et réalité des faits, ce communiqué de l’opposition propose de rétablir quelques vérités.

« Le maire se sert du dernier bulletin municipal — rappelons-le, financé par les impôts des Baulois — pour dresser le panégyrique des 100 premiers jours de sa deuxième mandature.

Mais s’agit-il réellement des 100 jours de sa deuxième mandature ? On peine en effet à distinguer ce qui est nouveau de ce qui avait déjà été promis aux Baulois dans le programme de la première mandature, programme dont il prétendait pourtant avoir réalisé 90 %.

Alors, actions nouvelles ou remise en scène de projets déjà annoncés au cours du précédent mandat ?

Derrière la communication, les faits méritent donc d’être rétablis.

SÉCURITÉ : DES EFFECTIFS ANNONCÉS, MAIS COMBIEN DE POLICIERS SUR LE TERRAIN ?

Le maire affirme que le service de police municipale compte 36 personnes et rappelle que dix effectifs supplémentaires ont été votés.

La réalité est plus nuancée : 18 policiers municipaux sont actuellement en fonction sur le terrain.

La sécurité ne se mesure pas au nombre de postes annoncés. Elle se mesure à la présence réelle et visible des agents sur le terrain.

HÔTEL DE POLICE MUNICIPALE : UNE INAUGURATION NE FAIT PAS UN PROJET NOUVEAU

Le maire se félicite d’inaugurer prochainement un « nouvel Hôtel de police municipale », présenté comme l’une des réalisations emblématiques de ce début de mandat.

La réalité est que ce projet était déjà inscrit au programme de la précédente mandature et que son calendrier a été décalé à plusieurs reprises. Son coût s’établit à plus de 6 millions d’euros, partiellement financé à ce jour, et seule la première pierre a été posée le 24 juin dernier.

SANTÉ : UNE NOUVELLE ANNONCE POUR UN PROJET ANCIEN

Le maire annonce le lancement, dès septembre, des travaux de la nouvelle maison médicale du Bois d’Amour.

La réalité est que ce projet figurait déjà parmi les engagements de sa première mandature et qu’il a été reporté à maintes reprises.

Annoncer une nouvelle date ne suffit plus. Après plusieurs reports, les Baulois attendent désormais un calendrier fiable et des travaux effectivement engagés.

VOIRIE : DES CHIFFRES À CLARIFIER

Le maire affirme que la Ville consacre chaque année 10 millions d’euros à la voirie, soit la moitié de son budget annuel d’investissement.

La réalité budgétaire est différente : les comptes de la Ville font apparaître une dépense de 3,3 millions d’euros en 2025 et une moyenne comprise entre 3 et 5 millions d’euros pour les années antérieures, donc bien en deçà des 10 millions d’euros annuels annoncés.

Les chiffres publics ne peuvent pas varier en fonction des besoins de la communication municipale, alors même que les Baulois constatent quotidiennement l’état dégradé des voiries communales.

COMMERCE : SIX ANS POUR COMMENCER À ÉLABORER UNE POLITIQUE

Le maire affirme que des « actions volontaristes » ont été engagées au cours du précédent mandat et, dans le même temps, il annonce vouloir désormais élaborer une politique municipale de soutien au commerce.

Si une véritable politique commerciale avait déjà été conduite, pourquoi reste-t-elle encore à élaborer au début de ce deuxième mandat ?

Nos commerçants n’ont pas besoin d’une nouvelle déclaration d’intention. Ils ont besoin d’une stratégie claire, d’actions concrètes et de résultats mesurables, notamment en matière d’attractivité, d’accessibilité et de dynamisme hors saison.

DU REMBLAI À LA PROMENADE DE MER : UNE PREMIÈRE PHASE NE CONSTITUE PAS UN PROJET ABOUTI

Le maire affirme que les travaux de la première tranche se sont terminés en juin 2026 conformément au calendrier et reconnaît qu’il reste encore plusieurs kilomètres à réaliser.

La réalité est que le calendrier annoncé par la maîtrise d’œuvre prévoyait une livraison de la première tranche en février 2025. Or, à ce jour, seuls 700 mètres linéaires d’une première phase d’une première tranche sont livrés, et encore de manière incomplète.

Quelques centaines de mètres réalisés en trois ans, alors qu’il en reste 5 000 : près de huit fois plus. À ce rythme, quand le projet sera-t-il terminé et quel sera son coût final pour le budget communal ?

UNE CURIOSITÉ POLITIQUE DANS CE BULLETIN

S’agissant des minorités au sein du Conseil municipal, le maire affirme : « J’ai la représentativité d’une grande partie des formations politiques de notre pays : la gauche socialiste, le RN et le bloc central ».

Une affirmation qui ne manque pas d’interpeller, car le maire omet de rappeler qu’il bénéficiait, lors des dernières élections, du soutien du parti Horizons, qui appartient au bloc central.

S’agit-il d’une simple maladresse, d’une tentative de réécrire les positionnements politiques en fonction des circonstances, d’opportunisme ou d’une mémoire sélective ?

Un bulletin municipal, financé par l’impôt des Baulois, ne doit pas devenir un outil de promotion personnelle. Il doit informer les habitants de manière complète, précise et objective.

Cent jours ne suffisent peut-être pas pour transformer une ville. Mais ils suffisent pour dire la vérité aux habitants.

Et sur ce point, le compte n’y est pas. »

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