Le Pouliguen le 19 octobre

Face aux pillages, aux dégradations et aux violences qui frappent plusieurs communes, Antoine Lussignol, au nom du groupe Le Pouliguen Uni, dénonce les défaillances en matière de sécurité et alerte sur les conséquences humaines et financières de ces actes. Il appelle au rétablissement de l’ordre républicain, au respect de la loi et à un soutien renforcé aux élus locaux, aux commerçants et aux victimes.

«  »En tant qu’élu local, je ne peux me résoudre à regarder les événements qui ont frappé notre pays sans exprimer une profonde indignation et une vive inquiétude pour l’avenir de nos communes.

Il y a dix ans, on nous promettait la prospérité, des finances publiques saines, le recul des extrêmes et une société plus apaisée, fondée sur le vivre-ensemble.

Aujourd’hui, quel bilan pouvons-nous dresser ? Une France fracturée, des tensions qui s’exacerbent, des bâtiments publics incendiés, des commerces pillés et des biens collectifs détruits.

Qui sont ceux qui se livrent à ces actes ? Réduire le phénomène aux seuls Black Blocs serait insuffisant. Les scènes de pillages et de dégradations constatées jusque dans les villes de province montrent que le problème dépasse les seuls groupes organisés de casseurs. Il appartient aux autorités d’établir les responsabilités et à la justice de sanctionner les auteurs.

Je pense particulièrement à tous ces maires, de droite, de gauche ou du centre, élus par leurs concitoyens, qui découvrent leurs bâtiments communaux dévastés et leurs administrés victimes de ces violences. Ils sont en première ligne, au plus près du terrain, mais ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour répondre à une telle situation.

Où l’État a-t-il failli ? Le premier devoir de l’État est d’assurer la sécurité des personnes et des biens. Quand des commerces sont pillés, que des équipements publics partent en fumée et que des habitants voient leur environnement dégradé, cette mission fondamentale est mise en échec.

Il faudra reconstruire, réparer et accompagner les victimes. Mais avec quel argent ? Dans un contexte de finances publiques déjà fragiles, les conséquences de ces destructions pèseront nécessairement sur la collectivité. L’argent consacré à réparer les dégâts sera autant de moyens qui ne pourront pas être affectés à d’autres besoins essentiels.

Je tiens également à rappeler que les revendications exprimées par les lycéens et les étudiants doivent pouvoir être entendues. Malheureusement, elles ont été dévoyées par des actes de pillage et de destruction inacceptables dans un État de droit. Manifester est un droit ; détruire, incendier et voler ne le sont pas.

Aujourd’hui, j’exprime toute ma solidarité aux maires, aux élus locaux, aux commerçants et aux entrepreneurs victimes de ces violences, ainsi qu’aux policiers, aux CRS et aux gendarmes qui accomplissent leur mission dans des conditions extrêmement difficiles.

Au-delà des clivages politiques, notre pays a besoin d’autorité, de responsabilité et de justice. La République ne peut durablement accepter que ceux qui travaillent, entreprennent et servent leurs concitoyens paient le prix de ceux qui détruisent.

Protéger les Français, rétablir l’ordre républicain et faire respecter la loi : ce ne sont pas des options, mais des obligations fondamentales de l’État.

Antoine Lussignol

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