La refonte du remblai de La Baule est l’un des dossiers majeurs de la campagne des élections municipales. Quelle mauvaise idée de vouloir rebaptiser cet endroit « promenade de mer ». Le remblai est une appellation qui fait partie du patrimoine baulois.

« Le remblai est l’un des dossiers les plus importants pour l’avenir de La Baule-Escoublac. Et pourtant, depuis six ans, il est devenu un symbole d’incertitude, de dérives financières et de retards accumulés », explique Laëtitia English, candidate à l’élection municipale.
Les travaux ont pris beaucoup de retard, et la première tranche (environ 800 mètres entre les avenues de Lyon et Léon Delibes) devrait être livrée en juin prochain.
La candidate observe :
« Le chantier avance au ralenti, avec très peu d’ouvriers visibles sur site. À ce rythme, le remblai ne sera pas terminé avant 2035. »
Le projet de réaménagement du front de mer, qui s’étend sur 5,4 km, avait été lancé au stade des études et de la concertation sous la mandature d’Yves Métaireau, en août 2016. La nouvelle municipalité n’était pas tenue de reprendre le dossier, les travaux n’ayant pas encore commencé. L’harmonie globale de la baie risque ainsi de rester, pendant de nombreuses années, déséquilibrée, alors que le chantier de Pornichet est, lui, terminé.
Sur le plan financier, l’estimation était de 35 millions d’euros en 2020. Elle est aujourd’hui évaluée à 120 millions d’euros, « sans explications claires », souligne Laëtitia English. La candidate fait part de ses inquiétudes : « La première tranche, entre l’avenue de Lyon et l’avenue Léon Delibes, atteindrait à elle seule 40 millions d’euros. » Et d’ajouter : « Les 120 millions seront largement dépassés. Ce n’est pas sérieux, ce n’est pas soutenable et ce n’est pas acceptable pour les Baulois. »
Il y a une forme d’amateurisme dans la conduite du chantier.
« C’est pourquoi nous réinterrogerons totalement le projet. Nous réduirons drastiquement les coûts et rétablirons de la méthode, de la transparence et un véritable pilotage », annonce-t-elle.
« Nous proposerons un remblai élégant, sobre, végétalisé, sécurisé, accessible et cohérent avec l’identité bauloise. »
Retards, coût passé de 35 à 120 millions d’euros, critiques politiques : le chantier du remblai de La Baule s’impose comme un dossier brûlant des municipales.