La députée de Loire-Atlantique avait fait part de ses convictions dans un communiqué publié par Ouest France, sur l’accueil de 88 Afghans à Piriac-sur-Mer.

Madame la députée,

Ouest-France, dans son édition du 28-29 août, a fait état de votre communiqué de presse lapidaire sur l’accueil des 88 réfugiés Afghans à Piriac sur Mer.

S’il est légitime et normal qu’une députée de la République veuille manifester de manière claire son combat contre l’extrémisme religieux et en l’occurrence le djihadisme islamique, il est pour le moins hasardeux voire dangereux au nom de la paix sociale et de notre tradition d’accueil des réfugiés que vous fassiez un amalgame entre la situation de quelques infiltrés djihadistes et celle des Afghanes et Afghans qui ont cru et servi les intérêts des démocraties européennes et américaines.

Nous attendons davantage de mesure et de propos équilibrés à l’égard de ces milliers de familles afghanes qui ont collaboré de manière loyale et durable avec la France et son armée pendant de nombreuses années.

Ce n’est pas à la veille d’un procès retentissant concernant le terrorisme islamiste qu’un tel communiqué nous parait adapté. La débâcle de l’armée américaine et des alliés était malheureusement largement prévisible du fait des politiques conduites par les gouvernements américains et alliés. Tous les observateurs et les connaisseurs de cette contrée savaient que l’intervention des armées étrangères devait être longue et durable si on ne voulait pas que des guerres tribales ou l’action des Talibans réduise l’effort consenti par nos soldats et nos alliés afghans.

En laissant aux mains des Talibans la population des femmes afghanes réfugiées à Kaboul, en réalisant un pont aérien précipité et non coordonné par l’ONU, nos gouvernements démocratiques n’ont pas fait preuve de prévisibilité ni d’articulation intelligente.

Nous aurions largement préféré que vous fassiez état du comportement loyal et sans faille de ces dizaines de milliers d’Afghans qui ont cru dans l’universalité des droits de l’Homme et qui aujourd’hui craignent pour leur vie, pour les droits des femmes et des enfants.

Certes, les Talibans n’ont pas de projet d’externalisation du califat, pour autant, comme vous, nous ne sommes pas dupes de leur accointance avec le mouvement islamiste. Ne vaudrait-il pas mieux que nos parlementaires demandent à l’ONU de pouvoir exercer une forte vigilance sur les possibles exactions des droits de l’Homme que les Talibans vont malheureusement commettre dans les semaines et mois à venir ?

Il nous paraitrait beaucoup plus judicieux que nos parlementaires, défenseurs de la déclaration universelle des droits de l’Homme, fassent pression sur notre gouvernement, sur les instances européennes et sur la communauté internationale pour que les bases d’une collaboration des démocraties face à l’arrivée des Talibans soit mise en place en vue d’exercer une vigilance accrue sur les droits de l’Homme en Afghanistan.

Nous préfèrerions que vous donniez un gage d’espoir aux Afghanes et aux Afghans plutôt que de sous-entendre un amalgame douteux.

Au regard de l’importance de l’enjeu, de la nature de votre communiqué, ce courrier sera transmis aussi à la presse.

Veuillez recevoir, Madame la députée, l’expression de notre considération distinguée.

Pour la section LDH de St Nazaire, le président, Jean-Luc BOERO

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