Derrière l’appel à manifestation d’intérêt lancé pour trouver un repreneur au hangar inachevé de l’aérodrome de La Baule, les interrogations demeurent nombreuses. Entre incertitudes juridiques, enjeux financiers, nuisances sonores et absence de vision globale, le dossier est loin d’être réglé.

Lors du dernier conseil municipal, vendredi 25 septembre, les élus ont adopté une délibération lançant un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour trouver un repreneur au hangar dont la construction a été interrompue à la suite de la liquidation de la société Jet Roof.
Ce bâtiment, d’une emprise au sol de 1 300 m², devra accueillir une activité en lien avec l’aéronautique.
La délibération a donné lieu à un échange entre les différentes oppositions municipales. Si plusieurs élus ont exprimé leurs réserves, le débat n’a toutefois pas véritablement abordé les difficultés de fond qui entourent ce dossier.
Fort de l’expérience des épisodes précédents, Marc Lelièvre a insisté sur la nécessité d’exiger du futur opérateur toutes les garanties nécessaires, notamment financières, avant de lui accorder un droit d’occupation du domaine public.
Il a également pointé le manque de précision de l’AMI, notamment sur le montant de la redevance que le repreneur devrait verser à la commune, avec une part fixe et une part variable.
Une question loin d’être secondaire, alors que les conditions économiques de cette opération restent à préciser.
Pour Anne Boyé, l’aérodrome constitue un enjeu majeur pour La Baule, et plus particulièrement pour le quartier d’Escoublac. Avant d’engager de nouvelles opérations, elle estime qu’il conviendrait de définir clairement les objectifs de développement de la plateforme.
Elle s’est également fait l’écho des préoccupations des riverains, qui dénoncent les nuisances sonores du trafic aérien. Certains ont le sentiment de voir davantage de jets, jugés plus bruyants, ainsi que des hélicoptères qui ne respecteraient pas leurs trajectoires en survolant Escoublac.
La question de l’acceptabilité du trafic aérien par les habitants reste donc entière.
De son côté, Laëtitia Sibilotte-English a demandé la « création d’un groupe de réflexion et de concertation sur le destin de l’aérodrome ». Une interrogation résume sa position : l’avenir de l’aérodrome est-il abandonné à la seule logique de l’AMI, ou une réflexion globale peut-elle être menée en parallèle ?
En réponse aux interventions, le maire de La Baule a indiqué que le trafic aérien avait baissé, précisant que cette évolution n’était « pas une bonne nouvelle financièrement ».
Une déclaration qui interpelle. Faut-il comprendre que l’équilibre financier de l’aérodrome passe nécessairement par une augmentation du nombre de mouvements aériens ? Si tel est le cas, cette perspective mérite d’être confrontée aux préoccupations des riverains et aux orientations que la municipalité entend donner à cet équipement.
Le maire est également revenu sur une proposition de son programme électoral : la création d’une ferme solaire.
Selon lui, la production des panneaux photovoltaïques devrait couvrir, en hiver, les besoins de la population bauloise. Il a aussi évoqué une autre perspective : la production d’électricité nécessaire au développement de l’aviation électrique.
Une ambition qui soulève, elle aussi, plusieurs questions. Quel serait le coût de cette installation ? Quelle surface serait mobilisée ? Et surtout, quel calendrier et quel modèle économique permettraient de concrétiser un tel projet ?
Entre les ambitions affichées et les réalités techniques et financières, le chemin reste à préciser.
Les véritables questions restent sans réponse
Au-delà des échanges du conseil municipal, le dossier du hangar soulève des interrogations juridiques et financières majeures.
Comment espérer trouver un repreneur dans un contexte aussi incertain ?
Depuis la liquidation de la société Jet Roof, qu’en est-il exactement du contrat d’exploitation : a-t-il été signé, est-il toujours valable et quelles en sont les conséquences ?
Un éventuel repreneur peut-il racheter le hangar auprès du liquidateur judiciaire, alors que celui-ci doit tenir compte des créances prioritaires, estimées à 500 000 euros ?
Et surtout, la Ville de La Baule pourrait-elle être contrainte de mettre la main à la poche dans le cadre d’une transaction globale pour débloquer la situation ?
Autant de questions déterminantes auxquelles le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt ne répond pas.
L’aérodrome de La Baule ne se résume pas à un hangar inachevé ni à une simple question de redevance. C’est un équipement qui engage des choix d’aménagement, des intérêts économiques, des finances publiques et la qualité de vie des riverains.
L’AMI constitue une étape dans la recherche d’une solution pour le bâtiment. Mais il ne règle ni les incertitudes juridiques héritées de la liquidation de Jet Roof, ni les interrogations sur le modèle économique de l’aérodrome, ni le débat sur son avenir.
Une chose est certaine : à La Baule, le dossier de l’aérodrome n’a pas fini d’agiter les débats locaux.