Trois comités consultatifs vont être mis en place par la municipalité du Croisic. Présentés comme des outils de démocratie locale et de concertation, ils doivent permettre aux habitants, associations et professionnels concernés de faire entendre leur voix. Reste une question essentielle : quelle place leurs propositions auront-elles réellement dans les décisions municipales ?

La municipalité du Croisic met en avant sa volonté de développer une démocratie locale vivante, fondée sur l’écoute, la concertation et la participation des habitants.
Dans ce cadre, la création de comités consultatifs doit permettre d’associer différents acteurs de la vie locale aux réflexions menées par la Ville. Administrés, élus, représentants associatifs et professionnels sont ainsi appelés à partager leurs connaissances, leurs expériences et leurs usages afin d’éclairer les choix municipaux.
Sur le papier, le principe est clairement affiché : il s’agit de créer des espaces de dialogue permettant de recueillir les attentes, de confronter les points de vue et d’enrichir les projets avant les décisions finales.
Mais le terme « consultatif » rappelle également une limite importante : ces comités ne disposent d’aucun pouvoir décisionnel. Leur rôle consiste à formuler des avis et à contribuer à la réflexion municipale. La décision reste, elle, entre les mains des élus.
Démocratie : le comité consultatif « cité maritime »
L’objectif affiché est de croiser les expériences et les attentes de différents publics : professionnels de la mer, associations, élus et citoyens.
Mais une question demeure : comment les contributions des membres du comité seront-elles prises en compte dans la décision finale ?
Car la réussite d’une démarche participative ne repose pas uniquement sur le fait de réunir des personnes autour d’une table. Elle dépend également de la manière dont leurs propositions sont examinées, retenues, écartées ou éventuellement intégrées au projet.
Quels objectifs pour les comités consultatifs ?
Selon la municipalité, ces instances doivent notamment permettre de :
- favoriser l’engagement des Croisicais dans la vie démocratique locale ;
- recueillir les attentes et les besoins concernant la Cité maritime ;
- croiser les regards des habitants, des associations et des professionnels du monde maritime ;
- partager les usages et les expériences de chacun ;
- enrichir la réflexion sur la transformation et l’avenir du bâtiment ;
- créer un espace d’échanges au service de l’intérêt général.
Une ambition qui pose naturellement la question de la traçabilité de la concertation : les avis exprimés seront-ils rendus publics ? Les différentes propositions seront-elles présentées aux habitants ? Les raisons des choix finalement retenus seront-elles expliquées ?
Autant d’éléments qui permettront de mesurer concrètement la portée de cette nouvelle démarche participative.
Une composition qui laisse une place aux habitants
Le comité consultatif consacré à la Cité maritime doit réunir différents acteurs afin de croiser les compétences et les points de vue.
Sa composition prévue est la suivante :
- 2 représentants de la pêche professionnelle ;
- 2 représentants des conchyliculteurs ;
- 3 représentants d’associations : le Club de Croisière Croisicais, Les Amis du Kurun et le Club de modélisme ;
- 3 élus ;
- 2 habitants du Croisic, issus de la société civile, volontaires et tirés au sort parmi les candidatures reçues.
Cette composition fait donc cohabiter représentants du monde professionnel, associations, élus et citoyens.
La présence de deux habitants tirés au sort constitue notamment un élément destiné à élargir la participation au-delà des acteurs institutionnels ou associatifs déjà impliqués dans la vie locale.
Le tirage au sort aura lieu le 22 septembre
Les habitants volontaires pourront donc candidater pour participer à cette instance. Parmi les candidatures reçues, deux habitants seront tirés au sort le mardi 22 septembre.
Le comité aura toutefois un rôle strictement consultatif. Il ne prendra pas les décisions à la place du conseil municipal ou de la municipalité.
C’est précisément là que se situe l’enjeu de cette démarche.
Une démocratie participative ne se mesure pas seulement au nombre de réunions organisées ou au nombre de personnes consultées. Elle se mesure aussi à la capacité des décideurs à entendre les avis exprimés, à expliquer leurs arbitrages et à rendre compte de ce qu’ils ont fait des contributions reçues.
Pour la Cité maritime, les prochains travaux du comité permettront donc de voir si cette nouvelle instance devient un véritable espace de dialogue entre la municipalité et les Croisicais, ou si elle reste principalement un outil de consultation et de communication autour d’un projet déjà largement défini.