La Baule (Loire-Atlantique) – Le comité départemental de La France insoumise (LFI) de Loire-Atlantique s’en prend à la politique menée à La Baule, qu’il accuse de favoriser un entre-soi social et de limiter, de fait, l’accès du littoral aux populations les plus modestes. Le mouvement relie cette question aux épisodes de canicule, estimant que les inégalités face à la chaleur renforcent la nécessité d’un accès facilité aux zones côtières.
Dans son communiqué, LFI décrit La Baule comme une commune marquée par une forte concentration de résidences secondaires et un niveau de vie supérieur à la moyenne nationale. Le mouvement souligne que la ville compte 59,4 % de résidences secondaires, un niveau de vie médian supérieur de 26 % à la moyenne nationale et 10,41 % de logements sociaux, soit un taux inférieur aux 25 % prévus par la loi SRU. Selon le parti, cette insuffisance a conduit la commune à s’acquitter d’une pénalité d’environ 1,4 million d’euros en 2024.
Le communiqué fait également référence aux débats tenus au Conseil régional des Pays de la Loire. Le groupe « L’Écologie ensemble », auquel appartiennent trois élus insoumis, y a proposé un renforcement de l’offre de transports régionaux à bas coût afin de permettre aux habitants des territoires les plus exposés aux fortes chaleurs d’accéder plus facilement au littoral.
LFI critique la réponse du maire de La Baule, Franck Louvrier, qui a déclaré : « Nous accueillons des jeunes mais pas des voyous, et c’est ce droit à la sérénité que j’oppose à votre droit à la fraîcheur. » Pour le mouvement, cette prise de position traduit une volonté de réserver le littoral à une population privilégiée et d’écarter une partie de la jeunesse.
Le parti met en parallèle cette polémique avec les inégalités face aux vagues de chaleur. Il affirme que 37 % des ménages les plus modestes subissent une chaleur extrême dans leur logement, une proportion deux fois plus élevée que parmi les ménages les plus aisés. Les jeunes seraient également particulièrement concernés : 42 % des 18-24 ans déclarent souffrir de la chaleur dans leur habitation durant l’été, contre 14 % des 65-75 ans, selon les chiffres cités dans le communiqué.
À travers cette prise de parole, La France insoumise réaffirme ses propositions en faveur d’un « droit à la fraîcheur » et d’un « droit aux vacances ». Le mouvement défend notamment la gratuité des TER et des cars régionaux pour les moins de 25 ans, les demandeurs d’emploi et les personnes aux revenus modestes. Il considère que les espaces littoraux constituent un bien commun devant rester accessibles à tous, tant pour leurs fonctions éducatives, récréatives, sportives que sanitaires.
Pour LFI, l’accès au littoral doit ainsi être reconnu comme un droit collectif, particulièrement dans un contexte où les épisodes de canicule accentuent les fractures sociales et territoriales.