L’histoire se répète à La Baule-Escoublac. Et cette fois encore, les victimes ont eu le sentiment d’être provisoirement abandonnées.
Déjà impliquée dans l’agression des enfants d’une famille bauloise le 1er mai, une bande d’une quinzaine de jeunes est revenue ce week-end au domicile des parents. Leur objectif : voler la voiture sans permis de l’un des enfants. Une expédition en meute, en plein quartier résidentiel.

Les parents absents, les enfants ont tenté de se défendre comme ils pouvaient. Pour faire fuir les agresseurs, ils ont brandi un katana appartenant aux parents. En retour, la bande aurait sorti un couteau, multiplié les menaces et promis le viol de leur sœur.
Pendant ce temps-là, impossible de joindre le 17. Plusieurs appels seraient restés sans réponse. Il aura fallu qu’un voisin intervienne pour parvenir à contacter la police.
Les forces de l’ordre finissent par arriver entre 19h et 20h. Et là, scène ubuesque : après avoir montré une vidéo de l’agression aux policiers, les enfants agressés se retrouvent eux-mêmes placés en garde à vue pour avoir menacé leurs assaillants avec un katana. La mère a depuis déposé plainte au commissariat, expliquant que l’arme n’avait servi qu’à dissuader une bande venue intimider et voler ses enfants.
Sur la quinzaine d’individus présents, seuls trois auraient finalement été interpellés et placés en garde à vue. Le reste de la bande continuerait de courir et d’intimider la famille sur les réseaux sociaux.
Cette affaire n’a aucun lien avec la vidéo largement diffusée ce week-end montrant une bagarre entre adultes sur le remblai de La Baule, notamment relayée par Frontières Média proche des mouvances d’extrême droite.
Mais une question demeure : comment une station balnéaire parmi les plus riches et les plus surveillées de France en arrive-t-elle là ?
Les agressions de bandes sur le littoral restent rares. Quelques cas isolés ont été recensés ces dernières années à Biarritz, Royan ou Saint-Jean-de-Monts. Pourtant à La Baule, les violences semblent s’installer durablement.
Difficile également de ne pas évoquer le point de deal installé sur la plage après minuit, connu de nombreux habitants. Combien de temps faudra-t-il encore faire semblant de ne pas voir le problème ?
Sur CNews, le maire de La Baule-Escoublac a préféré désigner Nantes comme responsable : « La délinquance explose à Nantes et nous en avons les répercussions à La Baule. »
Un argument pratique, mais fantaisiste. En 2019, Nantes comptait 32 697 crimes et délits. En 2024, ils sont 24 126, d’après les données du ministère de l’Intérieur. Selon la préfecture la baisse enregistrée s’élève à 9,03 % en 2024 et 21,79 % par rapport à l’année 2019.
Alors la vraie question est ailleurs : à quoi servent les sommes colossales investies dans les caméras de surveillance si les bandes continuent d’agir quasiment à visage découvert ? Ces caméras ont-elles permis d’identifier les agresseurs et de les confondre ?
Ce sujet, suffisamment grave, mérite autre chose que des « blablas » sur les chaînes d’information en continu, les habitants attendent désormais autre chose : des résultats.
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On attend la publication hebdomadaire sur le nombre d’interpellations et les sanctions sur tous ces délits. DU CONCRET