40 %, puis 60 %. Voilà comment évoluera, à compter du 1er janvier 2027, la majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires à Pornichet.

Le Conseil municipal vient en effet d’approuver une nouvelle hausse de cette majoration, qui passera de 40 % à 60 %.
Autrement dit, la majoration appliquée aux résidences secondaires augmente de moitié. Et pourtant, il faudrait continuer à croire que les impôts n’augmentent pas.
180 euros de plus par an : une « petite somme » ?
Pour minimiser l’impact de cette décision, le maire a avancé un chiffre : 15 euros supplémentaires par mois, soit 180 euros par an. 15 euros par mois, peut-être. Mais 180 euros par an, c’est bien une dépense supplémentaire imposée aux contribuables concernés.
Présenter cette somme comme négligeable ne change rien à la réalité : la fiscalité augmente.
Surtout, cette décision pose une question de cohérence politique. Pendant la campagne électorale, l’engagement avait été pris de ne pas augmenter les impôts. Aujourd’hui, la majorité municipale adopte pourtant une nouvelle hausse de la fiscalité locale.
Alors, hausse d’impôt ou pas hausse d’impôt ? Pour le contribuable, la réponse est assez simple : il paiera davantage.
Une hausse déjà engagée en 2021
Lors de la présentation de la délibération, le maire-adjoint a rappelé que la première majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires avait été instaurée en 2021.
L’objectif officiellement affiché était de favoriser la part de résidences principales à Pornichet, tout en donnant à la commune des moyens supplémentaires pour acquérir du foncier et produire de nouveaux logements.
Sur le principe, l’objectif peut être défendu. Mais encore faut-il pouvoir mesurer les résultats.
Où sont passés les résultats ?
C’est précisément sur ce point que l’opposition municipale a exprimé ses réserves.
Elle s’est notamment appuyée sur les bilans fonciers 2024 et 2025 pour questionner l’utilisation et l’efficacité de cette fiscalité supplémentaire.
Car avant de demander encore davantage aux contribuables, une question légitime se pose : quels résultats concrets ont été obtenus grâce aux recettes supplémentaires déjà perçues depuis 2021 ?
Combien de foncier acquis ? Combien de logements réellement produits ? Quel bilan précis de la politique engagée ?
Et toujours la même politique que Saint-Nazaire ?
Cette décision rappelle également une autre réalité : Pornichet semble de plus en plus s’inscrire dans les mêmes orientations que Saint-Nazaire en matière d’urbanisme, de logement et de fiscalité des résidences secondaires.
Le rapprochement des politiques menées par les deux communes n’est pas anodin.
Une opposition qui n’est pas unanime
Au sein de l’opposition, Nicosia a d’ailleurs fait entendre une position différente. Il s’est déclaré favorable au principe de la majoration, tout en choisissant de s’abstenir lors du vote.
Le débat ne porte donc pas uniquement sur le principe de taxer davantage les résidences secondaires. Il porte surtout sur le niveau de cette fiscalité, son utilisation et les résultats obtenus en contrepartie.
Une promesse de campagne qui prend encore un coup
On nous explique qu’il ne s’agit pas vraiment d’une augmentation d’impôt. Pourtant, la majoration passe bien de 40 % à 60 %.
On nous explique que l’effort reste limité. Pourtant, les contribuables concernés devront bien payer davantage.
On justifie cette fiscalité par la nécessité de produire du logement et d’acquérir du foncier. Mais l’opposition demande à pouvoir mesurer concrètement les résultats obtenus.
Et surtout, il reste cette promesse de campagne : ne pas augmenter les impôts. À Pornichet, les mots peuvent être soigneusement choisis. Mais au moment de payer, la facture, elle, ne fait pas de politique : elle augmente.